Dates and Venue

20 - 21 janvier 2027 | Porte de Versailles | Hall 4

Nouvelles dates


20 - 21 janvier 2027 | Porte de Versailles | Hall 4

L’IA sait traduire. Mais sait-elle vraiment communiquer ?

vendredi 23 octobre 2026

L’IA sait traduire. Mais sait-elle vraiment communiquer ?

CAMBRIDGE Stand: C75
 L’IA sait traduire. Mais sait-elle vraiment communiquer ?
Cambridge University Press & Assessment
L’IA sait déjà rédiger, reformuler et traduire en quelques secondes. Mais communiquer efficacement ne se résume pas à produire des mots. Comprendre une nuance, défendre un point de vue, créer une relation de confiance ou collaborer avec une équipe internationale restent des compétences profondément humaines. **Et si l’essor de l’IA nous amenait non pas à remettre en question l’apprentissage des langues, mais à repenser ce que signifie réellement savoir communiquer dans une autre langue ?**

L’IA sait traduire. Mais sait-elle vraiment communiquer ?

Alors que l’intelligence artificielle transforme les métiers et automatise une partie de la production linguistique, les entreprises doivent repenser les compétences qu’elles souhaitent développer. 

Pour les équipes RH et Learning & Development, l’enjeu n’est plus seulement d’améliorer le niveau d’anglais des collaborateurs, mais de renforcer leur capacité à communiquer, collaborer et agir efficacement dans un environnement professionnel international.

L’intelligence artificielle transforme rapidement notre façon de travailler. Elle peut rédiger un courriel, résumer un document, préparer une présentation ou traduire un échange en quelques secondes.

Cette évolution soulève une question essentielle : quelles compétences les organisations doivent-elles désormais développer chez leurs collaborateurs ?

La question est particulièrement pertinente lorsqu’il s’agit des langues. Si une technologie peut traduire presque instantanément ce que nous souhaitons dire, à quoi ressemblera demain la maîtrise de l’anglais dans un contexte professionnel ?

Les recherches récentes ne décrivent pas un monde dans lequel les compétences humaines deviendraient obsolètes. Elles montrent plutôt que les métiers et les compétences attendues se transforment, tout en continuant à nécessiter l’intervention, le jugement et l’expertise des individus.

1. L’IA transforme profondément le paysage des compétences

L’ampleur de cette transformation est aujourd’hui bien documentée.

Dans son Future of Jobs Report 2025, le World Economic Forum a recueilli le point de vue de plus de 1 000 employeurs, représentant collectivement plus de 14 millions de travailleurs dans 55 économies.

Parmi les employeurs interrogés, 86 % estiment que les avancées de l’intelligence artificielle et des technologies de traitement de l’information transformeront leur activité d’ici 2030.

L’IA et le big data, les réseaux et la cybersécurité, ainsi que la maîtrise technologique figurent parmi les trois catégories de compétences dont l’importance devrait progresser le plus rapidement. Mais les compétences technologiques ne sont pas les seules concernées. Le rapport prévoit également une demande croissante pour la pensée créative, la résilience, la flexibilité et l’agilité.

Les travaux publiés en 2025 par l’Organisation internationale du Travail apportent un éclairage complémentaire. Selon l’OIT, un emploi sur quatre dans le monde présente un certain degré d’exposition potentielle à l’IA générative.

Mais exposition ne signifie pas nécessairement remplacement. Parce que la plupart des professions continuent de nécessiter une intervention humaine, l’OIT considère que la transformation des emplois constitue un scénario plus probable que leur suppression pure et simple.

Pour les entreprises, la question n’est donc probablement pas de choisir entre compétences technologiques et compétences humaines. Il s’agit plutôt de déterminer comment les associer et les développer ensemble.

2. Maîtriser une langue signifie moins produire de l’anglais que savoir agir en anglais

Cette transformation est particulièrement intéressante lorsqu’on l’applique aux compétences linguistiques.

Produire une phrase correcte, traduire un texte ou reformuler un message sont précisément des tâches pour lesquelles l’intelligence artificielle peut aujourd’hui apporter une aide considérable.

Mais ce n’est pas nécessairement ainsi que l’utilité de l’anglais se manifeste dans l’entreprise.

Dans la réalité professionnelle, un collaborateur utilise une langue pour accomplir quelque chose. Il participe à une réunion, explique un problème, questionne une décision, présente une recommandation, négocie avec un partenaire, rassure un client, collabore avec une équipe internationale ou tente de résoudre un désaccord.

Autrement dit, la langue n’est pas seulement une connaissance à acquérir ou un discours à produire : elle permet d’agir.

Cela nous invite à compléter la question traditionnellement posée en entreprise :

« Quel est votre niveau d’anglais ? »

par une interrogation plus directement liée à la réalité du travail :

« Que pouvez-vous réellement faire en anglais ? »

La notion de niveau reste indispensable. Elle permet de disposer d’un référentiel commun, d’identifier un point de départ et de mesurer une progression. Mais elle prend tout son sens lorsqu’elle est reliée aux situations dans lesquelles le collaborateur doit effectivement mobiliser la langue.

Pour les responsables RH et Learning & Development, cette approche peut faire évoluer la définition des besoins de formation : partir non seulement d’un niveau cible, mais également des tâches, interactions et situations professionnelles que le collaborateur doit être capable de gérer.

3. Plus l’IA progresse, plus la dimension humaine de la communication mérite notre attention

La capacité des machines à produire du langage nous oblige à regarder plus attentivement ce que signifie réellement communiquer.

Une traduction peut être linguistiquement correcte sans créer une relation de confiance. Un texte peut être bien formulé sans convaincre son destinataire. Une réponse peut être exacte sans restituer toute la nuance culturelle ou relationnelle d’un échange.

Les travaux récents menés par Cambridge sur l’adoption de l’IA générative dans l’enseignement de l’anglais apportent un éclairage intéressant sur cette question.

Dans une étude conduite par Evelina Galaczi, Andrea Vinkler, Safiatú Lopes et Sam Oliver, l’équipe de recherche s’est entretenue en profondeur avec 15 enseignants d’anglais, issus de 13 pays et de six continents, qui expérimentaient déjà l’IA générative dans leurs pratiques.

Malgré la diversité de leurs contextes, les enseignants interrogés ont souligné le rôle de soutien que peut jouer la technologie. Ils estiment cependant qu’elle ne peut remplacer ni l’expertise pédagogique de l’enseignant, ni sa compréhension approfondie de la pédagogie, ni les dimensions humaines essentielles de l’apprentissage.

Cette étude porte sur l’enseignement et ne permet donc pas de tirer directement des conclusions sur le monde de l’entreprise. Elle met néanmoins en lumière un principe qui peut alimenter la réflexion des organisations : la valeur de l’IA dépend de la manière dont les individus l’utilisent, l’encadrent et l’intègrent à des objectifs clairement définis.

Cette approche rejoint une réflexion plus large menée par Cambridge autour de la nécessité de préserver le human touch, c’est-à-dire la dimension émotionnelle et sociale de l’apprentissage. Les travaux présentés par Cambridge lors de la Semaine de l’apprentissage numérique de l’UNESCO en 2024 ont notamment exploré la façon dont l’IA générative peut être utilisée pour favoriser la collaboration et l’esprit critique dans l’apprentissage des langues.

Dans un environnement international, parler anglais permet de transmettre une information. Communiquer efficacement suppose également d’écouter, de comprendre une nuance, de reformuler, de s’adapter à son interlocuteur, de poser une question pertinente ou de défendre un point de vue.

La technologie peut faciliter l’interaction. Elle ne garantit pas, à elle seule, la compréhension, la confiance ou la collaboration.

La valeur pourrait donc progressivement se déplacer : moins valoriser la seule capacité à produire du langage, davantage développer la capacité à créer du sens, de la compréhension et de l’action collective grâce au langage.

4. Pour les équipes L&D, mesurer l’activité ne suffit plus

Cette évolution pose une question très concrète aux organisations : que mesure-t-on réellement lorsqu’on évalue l’efficacité d’une formation linguistique ?

Le nombre d’heures suivies, le taux d’assiduité et l’achèvement d’un parcours constituent des indicateurs utiles. Mais ils mesurent principalement la participation à une activité de formation. Pris isolément, ils ne permettent pas de déterminer si les capacités professionnelles du collaborateur ont réellement progressé.

La question pourrait donc passer de :

« Cette personne a-t-elle suivi 20 heures de formation en anglais ? »

à : « Est-elle aujourd’hui mieux capable d’accomplir les tâches professionnelles pour lesquelles elle a besoin de l’anglais ? »

Peut-elle, par exemple, participer plus activement à une réunion internationale, expliquer clairement un problème, prendre la parole avec davantage d’autonomie, interagir efficacement avec un client, présenter un projet ou défendre une recommandation ?

Cette approche rapproche trois dimensions parfois traitées séparément : l’apprentissage, la pratique professionnelle et l’évaluation.

Elle suppose d’identifier les besoins de départ, de définir les capacités que l’organisation cherche réellement à développer et de choisir des indicateurs permettant d’observer une progression pertinente.

Cela ne signifie pas que chaque bénéfice d’une formation peut, ou doit, être réduit à un chiffre. Cela signifie que le succès doit être défini à partir des résultats attendus dans le travail, et non du seul volume de formation consommé.

Vers une nouvelle définition de la compétence linguistique ?

L’IA continuera à transformer la façon dont nous écrivons, apprenons, traduisons et communiquons.

La réponse des organisations ne sera probablement pas de miser exclusivement sur les compétences technologiques, ni de défendre les compétences humaines comme si elles existaient indépendamment des outils.

L’enjeu sera de développer des collaborateurs capables de mobiliser les deux avec discernement.

Pour les professionnels du Learning & Development, c’est aussi l’occasion de repenser la place des langues dans les stratégies de développement des compétences.

Dans un monde où une machine peut de mieux en mieux nous aider à dire quelque chose dans une autre langue, la véritable valeur ajoutée humaine pourrait résider davantage dans notre capacité à déterminer quoi dire, pourquoi le dire, comment le dire et comment agir ensemble.


Références

  • World Economic Forum, The Future of Jobs Report 2025, 7 janvier 2025.
  • Gmyrek, P., Berg, J., Kamiński, K., Konopczyński, F., Ładna, A., Nafradi, B., Rosłaniec, K. et Troszyński, M., Generative AI and Jobs: A Refined Global Index of Occupational Exposure, ILO Working Paper 140, Organisation internationale du Travail, mai 2025.
  • Galaczi, E., Vinkler, A., Lopes, S. et Oliver, S., Shaping AI Policy and Practice in English Language Teaching: Pioneering Stories from Classrooms Around the World, Cambridge Papers in English Language Education, Cambridge University Press & Assessment.
  • Galaczi, E., Spotlight on Human-Centred Approaches to Technology in Education at UNESCO, Cambridge University Press & Assessment, 19 septembre 2024.
https://www.youtube.com/watch?v=c3bwjAlXKZw

Tags

  • Anglais en entreprise
  • Communication en entreprise
  • Compétences professionnelles
  • Formation Professionnelle
  • IA et compétences
  • ia générative
  • Learning & Development
Voir tous les articles
Loading

Les sponsors de Learning Technologies France 2027