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Adoption de l'IA : développer les compétences plutôt que multiplier les outils

jeudi 15 octobre 2026

Adoption de l'IA : développer les compétences plutôt que multiplier les outils

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Dans la course effrénée à l'intelligence artificielle, l’avantage technologique ne dure qu'un instant : les fonctionnalités exclusives qui singularisaient un outil sont copiées ou banalisées en quelques mois. Dès lors, la véritable valeur ne réside plus dans le logiciel lui-même, mais dans les compétences de ceux qui le manipulent. À équipements égaux, l'avantage compétitif ne se construit plus par la technologie, mais par la capacité des équipes à juger, vérifier et décider. 

En 2025, 82 % des dirigeants dans le monde (73 % en France) estimaient que l'année était charnière pour repenser leur stratégie et leurs opérations autour de l'IA [1]. Or, selon l'OCDE, le manque de compétences freine l'adoption de l'IA [2]. Les organisations ne manquent plus d'outils, elles manquent de collaborateurs capables d'en tirer pleinement parti. 

Technologie ou compétence : laquelle tient la corde ? 

Prenons un cas concret que nous observons régulièrement dans nos accompagnements de transformation. Deux collaborateurs utilisent le même assistant IA. L'un obtient une réponse correcte et s'arrête là. L'autre produit une analyse pertinente : il vérifie les informations, demande à l'outil d'argumenter le contraire, compare avec ce qu'il sait de son métier, puis décide en connaissance de cause. Même outil, même consigne de départ, résultat différent. La différence n'est donc pas technologique. L'IA ne remplace ni le raisonnement, ni le jugement, ni l'expérience : elle les amplifie. D'où la notion de collaborateur « augmenté ». 

Un chiffre confirme ce constat. Selon le rapport de l'OCDE « AI and skills: What we know so far », publié en juin 2026, moins de 1 % des travailleurs auront besoin de compétences avancées propres à l'IA, comme la programmation ou le développement de modèles [2]. Les autres ont surtout besoin de compétences numériques et de la capacité à utiliser, analyser et interpréter des données, auxquelles s'ajoutent des compétences managériales et humaines : résolution de problèmes, créativité, innovation. Au quotidien, cela revient à savoir : 

  • comprendre un problème avant de chercher une réponse ; 

  • poser les bonnes questions ; 

  • exercer son esprit critique ; 

  • vérifier les informations ; 

  • décider dans un contexte d'incertitude. 

Autrement dit, les compétences humaines deviennent le véritable levier de performance de l'IA. Elles ne s'achètent pas avec une licence. Elles se construisent dans le temps, au contact de situations de travail réelles, et se transmettent d'une équipe à l'autre. 

Les investissements restent largement orientés vers les outils 

Dans la plupart des projets de transformation, les premières décisions concernent les licences, la sécurité, la gouvernance ou les plateformes. Ces investissements sont indispensables, mais ne suffisent pas. Selon l'enquête EY Work Reimagined, publiée fin 2025, 91 % des salariés français utilisent déjà l'IA au travail, mais seuls 27 % l'utilisent chaque jour [3]. 

L'écart n'est pas un problème d'accès à la technologie. C'est un problème d'appropriation. Disposer d'un assistant IA ne garantit ni son utilisation, ni la création de valeur. Un collaborateur qui l'ouvre une fois par semaine pour reformuler un e-mail n'en tire pas le même bénéfice que celui qui l'intègre à sa façon d'analyser, de préparer et de décider. 

Former à un logiciel ne suffit plus 

Pendant longtemps, les formations numériques étaient construites autour des outils : on apprenait Excel, puis PowerPoint, puis Teams. L'IA bouscule cette logique. Les interfaces évoluent en permanence, les modèles progressent chaque mois, les fonctionnalités se déplacent d'une plateforme à l'autre. Former uniquement à un outil revient parfois à former sur une version qui aura changé avant la fin de l'année. Une demi-journée consacrée à une interface peut ainsi donner une impression de progrès sans changer grand-chose aux pratiques. 

Former aux outils reste bien sûr essentiel pour en exploiter le plein potentiel. Mais il est tout aussi essentiel de développer l'esprit critique, la résolution de problèmes, la capacité d'apprentissage et le jugement, qui préparent les collaborateurs à travailler avec les outils d'aujourd'hui et avec ceux qui n'existent pas encore. L'OCDE note d'ailleurs que les salariés qui ont reçu une formation rapportent plus souvent des effets positifs de l'IA, comme une meilleure performance et de meilleures conditions de travail [2]. 

À quoi ressemble une formation centrée sur les compétences 

Concrètement, elle part du travail réel des participants plutôt que d'une présentation des fonctionnalités. Chacun apporte une situation de son quotidien : une analyse à produire, un dossier à synthétiser, une décision à préparer. L'outil sert alors à avancer sur cette situation, et non à démontrer ce qu'il sait faire. 

Elle fait aussi travailler explicitement ce que l'outil ne fait pas à la place de l'utilisateur : reformuler le problème avant de le soumettre, repérer ce qui manque dans une réponse, croiser avec une autre source, décider de ce qu'on retient et de ce qu'on écarte. Ces gestes s'apprennent par la pratique et la répétition, comme n'importe quel savoir-faire professionnel. 

Enfin, elle se mesure autrement. Le nombre de connexions ou d'heures de formation suivies renseigne peu. La qualité des décisions prises, la fiabilité des livrables et la façon dont les équipes se transmettent leurs bonnes pratiques disent beaucoup plus de l'appropriation réelle. 

L'adoption de l'IA est d'abord une question de compétences 

L'IA n'est plus un avantage concurrentiel en soi : les principaux outils sont désormais accessibles à une grande partie des organisations. L'avantage se construit ailleurs, dans la capacité des équipes à intégrer l'IA à leurs pratiques quotidiennes, à collaborer avec elle et à exercer un jugement éclairé. Les entreprises qui l'ont compris ne se demandent plus d'abord quel outil choisir, mais quelles compétences construire avec ceux dont elles disposent déjà afin de réaliser une véritable transformation. Les outils continueront d'évoluer. Les compétences, elles, resteront le véritable facteur de différenciation. 

Transfo3 : les compétences au cœur de la transformation IA 

Face à ce constat, notre approche Transfo³ (Humain, IA, RSE) part d’un principe simple : la technologie seule ne transforme rien, ce sont les compétences qui font la différence. C’est pourquoi nos parcours de formation ne se limitent pas à la prise en main des outils IA : ils intègrent des formations Transfo Soft skills dédiées à l’esprit critique, la communication, la prise de décision ou la posture managériale à l’ère de l’IA, les compétences transférables qui restent pertinentes quels que soient les outils qui émergeront demain. Découvrez nos formations Transfo3 : https://myconnecting-ia.com/thematique/transfo3/ 

 

Notes et sources 

[1] Microsoft, « Baromètre Work Trend Index 2025 : les agents IA en action », 23 avril 2025. https://news.microsoft.com/source/emea/2025/04/barometre-work-trend-index-2025-les-agents-ia-en-action/ 

[2] OCDE, « AI and skills: What we know so far », policy brief, 5 juin 2026 (le chiffre de moins de 1 % s'appuie sur des travaux de Green et Lamby, 2023). https://www.oecd.org/en/publications/ai-and-skills_f843b352-en.html 

[3] EY, enquête « Work Reimagined 2025 » (15 000 salariés et 1 500 employeurs dans le monde), 1er décembre 2025. https://www.ey.com/fr_fr/newsroom/2025/12/ey-devoile-lenquete-work-reimagined-2025 

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